
Drosera meristocaulis
{Cerro de la Neblina, Venezuela}
Le seul proche parent des Drosera pygmées australiens que l'on trouve en dehors de l'Australie. Les analyses moléculaires ont confirmé que D. meristocaulis est arrivé en Amérique du Sud par dispersion à longue distance, et non par la dislocation de l'ancien continent Gondwana. Contrairement à ses cousins australiens, il ne produit pas de gemmae. Il n'a été observé en connaissance de cause dans la nature qu'une poignée de fois : lors de sa découverte en 1954, lors d'une récolte en 1985, et lors d'une visite en 2004 par une expédition qui a nécessité l'affrètement de deux hélicoptères et de Cessnas pour des largages de carburant dans des villages yanomami le long du trajet.
Connu uniquement du plateau sommital du Cerro de la Neblina, à la frontière entre le Venezuela et le Brésil, entre 1900 et 2200 m d'altitude. Il pousse dans des zones ouvertes le long de petits cours d'eau rocheux et d'affleurements de grès, dans un paysage de savane basse bruyériforme aux côtés de plantes à urnes Heliamphora et de Stegolepis hitchcockii aux feuilles iridescentes. S'y rendre reste extrêmement difficile, tant pour des raisons politiques que financières.
D. meristocaulis forme des tiges ramifiées en colonne de 5 à 15 cm de haut, densément couvertes de feuilles mortes persistantes et de stipules argentées bien visibles. Les rosettes vivantes se trouvent aux extrémités, avec de petits limbes (4-5 mm) et des fleurs roses relativement grandes. Il ne s'autopollinise pas, ne produit pas de gemmes et ne supporte apparemment pas le rempotage.